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Vos droits et la COVID-19
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    J'ai été victime de harcèlement

    Julie et sa famille ont été victimes de harcèlement de la part de leurs locataires. Leur cause a été entendue par le Tribunal des droits de la personne.

    L'histoire de Julie

    Dans quelles circonstances avez-vous vécu une situation de harcèlement ?

    On a acheté un triplex en 2010 et on a habité un des appartements et loué les autres. On avait de très bonnes relations avec les locataires sauf avec un couple. Les difficultés ont commencé quelques semaines après leur emménagement. Ils ont demandé de payer leur loyer deux semaines en retard. Ce que j’ai accepté. J’ai attendu un mois avant de leur faire une relance. La dame est venue me voir en criant: « Criss d’immigrants! On n’est pas des voleurs, nous! Vous ne comprenez rien à la société québécoise. Retournez dans votre pays! ». Elle m’a jeté le chèque et est repartie.

    Est-ce que ça s’est arrêté là ? 

    Depuis cet incident, ça n’a jamais arrêté. La dame s’en prenait à nous tout le temps. Un jour en rentrant à la maison, j’ai trouvé deux hommes qui faisaient des travaux dans leur patio, mais ce sont des travaux qui doivent être préautorisés. Je suis allée leur demander des explications et la réaction de la femme était violente. Elle a commencé à m’insulter : « Espèce de vieille aigrie, pars dans ton pays! Ici, tu es chez nous! ». Elle a continué de s’en prendre verbalement à nous jusqu’à ce qu’elle soit arrêtée par les policiers après m’avoir bousculée.

    Comment avez-vous fait face à cette situation ?

    Ils ont fini par déménager mais les problèmes ont persisté.  La femme a continué de revenir dans le quartier pour nous harceler. Elle collait des affichettes partout, et elle avait écrit des insultes et des mensonges à notre propos sur celles-ci. C’était devenu invivable. Ça nous a finalement poussé à vendre le triplex et déménager dans une autre ville. Depuis ce temps, on est plus sur nos gardes et on a constamment peur de vivre la même situation avec nos nouveaux voisins.

    Qu'est-ce-qui a été le plus difficile à vivre ?

    Je suis arrivée au Québec avec mon mari et ma fille il y a 40 ans. Je me considère comme Québécoise. Je ne comprenais pas pourquoi quelqu’un pouvait nous traiter ainsi. Ça m’a beaucoup affecté. J’en pleurais tous les jours. Je ne sortais plus de chez moi de peur de les croiser. Mon mari et ma fille ne sortaient pas dans la cour pour éviter d’être agressés, verbalement ou physiquement. J’ai développé des troubles anxieux à cause de cette situation.

    Avez-vous déposé une plainte?

    À la suite de conseils de nos amis et voisins, on a déposé une plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Notre dossier s’est rendu jusqu’au tribunal et c’était important pour nous d’aller jusqu’au bout. L’expérience de harcèlement nous a profondément marqués, on s’est sentis humiliés, tristes et impuissants. C’est surtout important pour que les gens sachent que ce genre de propos sont illégaux et ne sont pas tolérés dans la société québécoise. Le jugement a tranché en notre faveur : la femme a été condamnée à payer des dommages punitifs et moraux en raison de propos xénophobes et harcèlement discriminatoire.